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Migrer vers HubSpot : le guide d'une migration CRM sans perte de données

4 min de lectureBaptiste Cordier
Illustration : Migrer vers HubSpot : le guide d'une migration CRM sans perte de données

Une migration de CRM n'est pas un transfert de fichiers. C'est un changement d'organisation, et c'est pour cette raison qu'une partie significative de ces projets se solde par un outil que les équipes contournent.

Nous avons mené ce type de bascule depuis Pipedrive, Salesforce, Sellsy, des fichiers Excel et parfois rien du tout. La méthode qui suit est celle qui nous a évité les mauvaises surprises.

Avant tout : décider ce que vous ne migrez pas

C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est la plus rentable.

Votre base actuelle contient des contacts jamais recontactés depuis quatre ans, des affaires perdues sans motif renseigné, des doublons, et des champs personnalisés créés par quelqu'un qui a quitté l'entreprise.

Migrer tout cela revient à déménager en emportant les cartons du grenier sans les ouvrir. Vous paierez pour stocker des données inutiles, et vous dégraderez la confiance des équipes dans le nouvel outil dès le premier jour.

Fixez des règles explicites : contacts sans activité depuis trois ans archivés hors CRM, affaires perdues conservées uniquement sur les deux dernières années, champs personnalisés repris seulement s'ils sont renseignés sur plus de vingt pour cent des enregistrements.

Sur une base typique de PME, cette étape retire souvent entre trente et cinquante pour cent du volume.

Étape 1 : cartographier l'existant

Listez précisément ce que contient votre CRM actuel : objets, champs, valeurs possibles, automatisations en place, intégrations connectées, rapports utilisés.

Portez une attention particulière aux intégrations. C'est ce qui casse le plus souvent après une bascule : le formulaire du site qui n'alimente plus rien, la synchronisation de la boîte mail, l'outil de facturation, la solution de signature électronique.

Étape 2 : concevoir le modèle cible

N'importez pas votre structure actuelle telle quelle. C'est le moment de corriger ce qui ne fonctionnait pas.

Redéfinissez les étapes de votre pipeline en vous imposant une règle : chaque étape doit correspondre à un événement vérifiable. « Proposition envoyée » est vérifiable. « Client intéressé » ne l'est pas et produira des prévisions fantaisistes.

Décidez de la correspondance entre chaque champ source et sa destination, y compris pour les valeurs de listes déroulantes. C'est fastidieux, et c'est ce qui évite de retrouver quatre orthographes du même secteur d'activité.

Étape 3 : nettoyer avant d'importer

Déduplication, normalisation des numéros de téléphone, harmonisation des noms d'entreprise, vérification des adresses email.

Faites ce travail sur les fichiers d'export, avant l'import. Nettoyer dans HubSpot après coup est beaucoup plus long, et vous aurez déjà des automatisations qui se déclenchent sur des données sales.

Étape 4 : importer par lots, en testant

N'importez jamais l'intégralité en une fois.

Commencez par un échantillon de cent enregistrements. Vérifiez que les champs arrivent au bon endroit, que les associations entre contacts, entreprises et affaires sont correctes, que les dates ne se sont pas décalées.

Respectez l'ordre : entreprises, puis contacts, puis affaires, puis activités. L'inverse produit des enregistrements orphelins.

Ce n'est qu'après validation de l'échantillon que vous lancez l'import complet.

Étape 5 : reconstruire les automatisations

Ne reproduisez pas à l'identique les automatisations de l'ancien outil. Profitez de la bascule pour supprimer celles que personne ne sait expliquer.

Documentez chaque workflow conservé : ce qui le déclenche, ce qu'il fait, qui prévenir s'il dysfonctionne. Cette documentation vous coûtera une heure et vous en fera gagner beaucoup.

Étape 6 : basculer et accompagner

Prévoyez une période de recouvrement d'une à deux semaines pendant laquelle l'ancien outil reste consultable en lecture seule. Cela évite la panique quand quelqu'un cherche une information.

Formez par métier plutôt que par fonctionnalité. Un commercial n'a pas besoin de connaître HubSpot, il a besoin de savoir enregistrer un appel, faire avancer une affaire et retrouver l'historique d'un client. Trente minutes ciblées valent mieux que deux heures d'exhaustivité.

Désignez une personne référente en interne, disponible pour les questions pendant le premier mois. C'est le facteur d'adoption le plus déterminant que nous ayons observé.

Les pièges les plus fréquents

Basculer en pleine période commerciale forte. Choisissez un moment creux. Une migration en fin de trimestre est une garantie de rejet.

Ne pas nommer de responsable côté client. Un projet de migration sans interlocuteur unique s'enlise dans les allers-retours.

Sous-estimer le travail de nettoyage. C'est régulièrement la moitié de la charge du projet, et c'est ce qui est le plus souvent oublié dans les devis.

Conserver l'ancien outil trop longtemps. Au-delà de deux ou trois semaines, une partie de l'équipe continuera de l'utiliser et vous aurez deux bases divergentes.

Combien de temps et combien cela coûte

Pour une PME B2B avec quelques milliers de contacts et cinq à quinze utilisateurs, comptez quatre à huit semaines entre le cadrage et la bascule effective, dont une bonne moitié consacrée au nettoyage et à la préparation.

Côté budget, une migration accompagnée se situe généralement entre 6 000 et 15 000 euros selon le volume de données et le nombre d'intégrations à refaire.

Notre approche

Nous traitons la migration comme un projet d'organisation avant d'être un projet technique. Concrètement, nous commençons par le processus commercial, puis nous décidons de ce qui mérite d'être repris.

C'est ce qui explique que nos migrations retirent souvent une partie substantielle de la base existante, et que les équipes adoptent plus facilement le nouvel outil.

Si vous envisagez une bascule, prenons trente minutes pour évaluer le volume de travail réel.